D É M A R C H E 

Telle une chorégraphe, Florence entraîne ses fils dans des danses chromatiques déchaînées. Jouant avec la perception de la profondeur et du mouvement, ses oeuvres font basculer dans un univers à multiples niveaux et aux effets d’optique hallucinants.

L’œil traite l’illusion d’optique et mélange par lui-même les couleurs de chaque fil qu’elle tend. Les fils deviennent ses pigments. Le regard du spectateur chevauchant d’un fil à un autre s’acclimate difficilement à ces champs d’illusions et à ces longueurs d’ondes inattendues pour l’oeil. ​Son geste est narratif, répétitif, possiblement dans une finalité cathartique. Dû à l’intensité de juxtaposition et à l’accumulation de fil, ce dispositif ébranle les perceptions du champ de profondeur qu’expérimente le spectateur. Ce dernier, en déambulant autour des œuvres, provoque de nouvelles nuances de couleurs dus à son déplacement et découvre une vibration cachée à l’intérieur des œuvres.

Comme l’araignée, elle obéit à son instinct, se laissant guider par son inconscient. La finesse du fil rend ses oeuvres presque immatérielles, comme une peau translucide laisserait voir les structures du corps. S’inspirant éperdument de la nature, elle dévoile sa vision personnelle d’une transparence chromatique captée entre les dimensions du visible et de l’invisible, de paysages qu’elle a longuement contemplés lors de recherches artistiques.